La Corée va investir 500 millions d'euros dans des entreprises françaises

Après le Qatar, l'Arabie saoudite, le fonds souverain de la Corée du Sud va entrer dans le capital de sociétés françaises aux côtés d'une filiale de la Caisse des dépôts. L'accord a été signé vendredi à l'Élysée.

Après le Qatar, l'Arabie saoudite, le fonds souverain de la Corée du Sud va entrer dans le capital de sociétés françaises aux côtés d'une filiale de la Caisse des dépôts. L'accord a été signé vendredi à l'Élysée.

Il y a eu le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, la Russie et la Chine. C'est au tour du fonds souverain de la Corée du Sud d'investir en France avec CDC International Capital (CDC IC). Cette filiale de la Caisse des dépôts a été créée il y a deux ans notamment pour attirer vers l'Hexagone une partie de cette cagnotte mondiale de 6.500 milliards de dollars gérée par les États riches d'excédents. La société présidée par Laurent Vigier a signé vendredi après-midi à l'Élysée un accord avec KIC (Korea Investment Corporation) à l'occasion de la visite à Paris de la présidente de la république de Corée du Sud, Park Geun-hye.

KIC s'est engagé à investir, dans une première étape, 500 millions d'euros, avec CDC IC qui mobilisera un montant moindre, principalement sous la forme de participations dans des entreprises françaises. «L'objectif est d'investir rapidement des tickets de 50 millions à 100 millions d'euros», précise Laurent Vigier, dans des entreprises de taille intermédiaire, ou plus importantes, pour les accompagner à l'international.

Rapporté au stock d'investissements sud-coréens en France, de 900 millions d'euros, ce demi-milliard à venir est «significatif», souligne le président de CDC IC.

Le fonds souverain sud-coréen, créé il y a onze ans, gérait fin 2015 un portefeuille de 92 milliards de dollars, soit 81 milliards d'euros. Un bas de laine environ dix fois moins doté que le fonds norvégien. Mais l'un des plus dynamiques, à en croire Laurent Vigier. Le fonds KIC a débuté en investissant surtout en Asie et aux États-Unis, notamment dans la finance et la banque. Les autorités de Séoul souhaitent qu'il rééquilibre son portefeuille en faveur de l'Europe. En janvier dernier, KIC a acquis un important complexe immobilier au cœur de Berlin, en partenariat avec une filiale de Brookfield Property Partners, pour un montant de 1,3 milliard de dollars.

Moteur de croissance

Les premières entreprises dans lesquelles KIC et la filiale de la Caisse des dépôts prendront des participations minoritaires sont encore protégées par des accords de confidentialité. Laurent Vigier vante le fait que l'investisseur coréen, comme la plupart des fonds souverains, n'est pas tant à la recherche d'un retour rapide sur investissement mais d'une stratégie à long terme. De quoi «donner du confort» aux entreprises concernées, note le président de CDC IC. Peu de sociétés françaises en dehors des poids lourds du CAC40 sont actuellement soutenues par des fonds souverains. Or pour une ETI, et a fortiori une PME, compter parmi ses investisseurs le fonds d'un pays membre de l'OCDE comme la Corée du Sud, peut être un signal d'appel pour d'autres investisseurs.

Vu de Séoul, les entreprises françaises peuvent contribuer à fournir un nouveau moteur à la croissance coréenne, comme le résumait jeudi le président de Samsung Electronics, Park Sang Jin, membre de la délégation de 90 patrons coréens accompagnant la présidente de la république. «Intégrons la recherche fondamentale française au savoir faire technique et commercial coréen», propose Park Sang Jin. Quel que soit le canal, fonds souverain, multinationales comme Samsung ou start-up, «il y a un potentiel fort pour améliorer les échanges entre les deux pays», résume Park Sang Jin.

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